#Occupetoi Confinement – Jeu 7 Rêvasse

Je t’offre ce mantra que je vois plusieurs fois par jour car il est affiché dans ma cuisine. L’inspiration de la nature, pour créer et innover. D’ailleurs, tu connais peut être le principe de biomimétisme. Idriss Aberkane en a longuement parlé dans ses conférences. Il existe un jeu de carte d’ailleurs, en lien avec le biomimétisme qui donne à voir des inventions inspirées de la nature. Même si ce jeu est très intéressant, sans aller jusqu’à créer l’innovation de demain, on peut s’adonner à un jeu simple qui se révèle être très bénéfique.

Regarder les nuages !

C’est une activité méditative, mais à l’inverse de la méditation il va falloir laisser libre cours à tes pensées. Easy donc!

La première chose à faire est donc de se poser dans un endroit où l’on va pouvoir scruter le ciel et se perdre dans les nuages sans être dérangé.e

Puis lèves le nez et observe. Pour ma part, je prends un temps avant, de savourer si le ciel est bleu, gris, clairsemé, s’il y a du soleil, s’il y a du vent, s’il est chaud ou frais, est ce que c’est agréable, la luminosité, les couleurs qui contrastent ou non… Bref je suis en mode suricate. Mon attention est tournée vers cette activité. Dès qu’un nuage passe, observe ce qui te frappe, sa forme, la lumière, s’il est beau et bien formé, étalé, dense… Il faut pousser le curseur jusqu’à ce moment de “Tiens c’est marrant, c’est ça qui attire mon attention en premier…”

On regarde de plus près, la lumière, les contrastes, comment le nuage est dessiné, grand, petit…le moindre détail jusqu’à ce que des associations d’idées viennent. Cette lumière forte elle me fait penser àce contraste saisissant me rappelle… la forme de ce nuage on dirait un.e…. Il faut visualiser cette pensée, comme des mots ou des dessins qui viendraient prendre place à l’intérieur de ce nuage. On extirpe cette pensée que l’on met dans le nuage. Même si tu es en train de te dire “mais ce jeu c’est de la mâââârde”, et bien tu l’écris aussi dans le nuage. Entre temps le nuage a continué sa course, la forme est peut être différente, plusieurs détails ont changé, on observe ça aussi.

Mais pour quoi faire ?

Te poser déjà. C’est une activité au ralenti et ça fait du bien.

C’est une gymnastique extrêmement intéressante pour le cerveau. Non seulement on est en train de conscientiser des pensées, mais on est aussi à muscler sa créativité. Il faut aller jusqu’au bout de chaque nuage. Tant que le plaisir est là à laisser libre cours à ses pensées, il faut continuer. Et se demander aussi quelle est la texture de cette forme, la matière… “il paraît doux comme du coton, je m’y plongerait bien, tiens on dirait un canapé sympa, il faut que je retape mon fauteuil Louis Philippe, celui là est dense comme un bagel, on le mangerait, je vais faire des lasagnes avec le reste d’épinard…” #Bienvenuedansmatête
Perso, j’ai toujours un carnet et un crayon avec moi pour écrire ou dessiner les idées ou projets qui me sont venus après l’activité.

Alors pour quoi faire? Pour changer de regard également.

Aucune autocensure. Tout laisser venir et se requestionner sans cesse sur “à quoi me fait penser cette forme, cette lumière, ces contrastes…” Ecrire les pensées dans le nuage, et quand on prend le temps de le faire souvent, on oublie tout ce processus. Cela devient naturel, on cesse de juger ses pensées, on les laisse venir, idem pour les idées, elles viennent. Et c’est ainsi que l’on peut ré-imaginer une méthode de rangement du placard, faire une nouvelle recette avec ce qu’il y a dans le réfrigérateur ou trouver un moyen plus simple de créer un service ou un produit sur lequel vous coincez, gérer une relation différemment au sein d’une équipe… Parce qu’il s’agit aussi de changer de regard sur ce qu’est la créativité. Quelle en est ta définition ?

Fatalité ou bien ?

Une phrase me frappe de la part de mes participants dans plusieurs de mes ateliers. Ou bien quand je rencontre des personnes qui constatent que créer est “facile” pour moi. Du moins, que c’est plus fluide que pour mon interlocuteur, qui ne peut s’empêcher de laisser tomber cette phrase“… mais moi je ne suis pas créatif.ve”

Cette phrase sonne comme une fatalité, comme si on ne pouvait changer le cours de son destin. Or, je ne peux m’empêcher de citer une phrase que l’on prête à Marc Aurèle ( et qui à priori est la prière des Alcooliques anonymes ) :

«Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.»

Marc Aurèle

D’une part, la créativité n’est pas une force occulte accessible uniquement aux “originaux” qui assument leurs opinions et les éclairs de génie qui leur traversent la tête. C’est un élan, un souffle, une joie qui traverse un processus psychologique auquel tu laisses la porte ouverte. Ce n’est pas immuable.

D’autre part, quand tu as eu la sagesse d’en distinguer la différence, et bien tu remarqueras que ta définition de la créativité ne se résume pas à l’artistique ou tout autre domaine qui te paraît inaccessible. Tu l’as cette ressource. Tous les enfants l’ont. Et si je ne m’abuse, tu es un adulte aujourd’hui, tu as donc été un enfant un jour. La créativité c’est quand tu aimes cuisiner pour recevoir tes amis, ou donner de l’amour à son jardin pour l’entretenir, ou savoir organiser comme personne sa boîte mail pour l’optimiser, ou trouver une solution pour gérer tous les plannings de vacances des collaborateurs pour satisfaire tout le monde… la créativité est partout. Il suffit d’en changer le cadre de référence que tu en as.

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